L'origine de tous les maux ?
Le grand mensonge du diesel pendant 40 ans.
"Le diesel ça pollue moins que l'essence et c'est plus économique" alors que :
- le diesel crachait des NOX et des particules à gogo (et les premiers FAP ne faisaient que réduire la taille des particules en les rendant plus dangereuses pour le système respiratoire)
- le diesel consommait moins certes que l'essence surtout au début mais parce que 100% de la R&D était sur le diesel pour le faire gagner en agrément de conduite et en puissance avec des turbos (il suffit de comparer la consommation des voitures essences avant 2015 et maintenant)
- le diesel coutait beaucoup plus cher à l'achat et à l'entretien à modèle équivalent (différence de prix à l'achat qui demandait des dizaines de milliers de kilomètres pour être rattrapé)
Mais il fallait sauver Peugeot en France, et l'Europe en général avait des spécialistes du Diesel
Donc on a tout fait pour favoriser le diesel :
- campagnes promotionnelles (le fameux "mois du diesel" pour ceux qui s'en souviennent)
- subvention de l'état (carburant moins taxé, primes à la casse, ...)
- normes de pollution basées quasi exclusivement sur le C02 (on oublie les particules et le NOX)
J'ai toujours été contre le diesel, pas uniquement par principe ou parce que je n'aime pas le bruit de camion, mais surtout parce que cette généralisation était une folie, surtout qu'elle est basée sur des mensonges.
Le diesel ne polluait pas moins que l'essence, il polluait différemment.
Le diesel est parfaitement adapté pour les gros rouleurs en grande berline sur autoroute, mais pas pour les petits rouleurs comme moi qui font 15 000 km par an dont 70 à 80% en ville et périphérie comme beaucoup de gens.
Généraliser des citadines diesel était un non sens.
Après on a fait des "Monospaces urbains", et enfin des "SUV urbains" diesel, de pire en pire
Et puis en 2015, le "Diesel Gate".
"Comment ça, ils ont triché ? ils nous on menti ? Quelle honte !!!" Quelle vaste blague...
La raison pour laquelle les ingénieurs ont tous triché ? Simplement parce que le rythme du durcissement des normes était juste impossible économiquement et/ou techniquement à tenir.
On a voulu à marche forcée faire coller les voitures à la fausse réalité qu'on avait voulu vendre pendant 40 ans.
Tout ça dans le contexte d'un Etat accros aux impôts et aux taxes et dans une économie basée sur la consommation intérieure depuis 40 ans aussi (la fameuse politique de la demande)
Un des éléments déclencheurs des gilets jaunes : l'augmentation des taxes sur le diesel.
Pourquoi augmenter cette taxe ? Pas parce que ça polluait, mais simplement parce que le parc automobile était tellement converti au diesel que la TIPP ne rapportait plus assez d'argent.
Pour revenir un peu au sujet, s'en est suivi en 2022 l'une des pires décisions pour l'industrie européenne en général et pour l'automobile en particulier : le 100% électrique en Europe en 2035.
Les raisons sont multiples :
- Lobbying Chinois (qui doivent se tordre encore de rire 13 ans après)
- L'influence Musk (qui a donné des brevets pour accélérer la démocratisation de l'électrique dans l'intérêt de Tesla)
- Le besoin des votes écologistes pour beaucoup de partis politiques
- Une volonté d'afficher une action forte pour l'environnement mais en pure démagogie et pur intérêt électoral encore une fois.
On est bien loin de l'écologie et de l'environnement :
- les batteries et les moteurs sont fabriqués en chine pour une écrasante majorité et polluent comme jamais à la fabrication (rappel : il faut en moyenne 70 à 80 000 km pour qu'une voiture électrique commence à polluer moins que son équivalent thermique)
- on fait des voitures de 2,5 à plus de 3 tonnes pour continuer à faire des "SUV Urbains"
- on cherche à faire des voitures avec plus d'autonomie, mais ça nécessite des grosses batteries, donc des grosses voitures plus lourdes, donc la voiture consomme plus, ... Bref le cercle vicieux
- on met des taxes délirantes sur les véhicules thermiques, pour forcer les gens à passer à l'électrique.
- on met des amendes aux constructeurs européens s'ils ne vendent pas assez de voiture électrique par rapport aux voitures thermiques
- on subventionne les voitures électriques (enfin surtout des batteries et moteurs chinois du coup) en partie grâce aux amendes constructeurs, taxes et malus, et le reste avec nos impôts
- on met des taxes au poids sur des véhicules électrifiés (2025 pour les PHEV, 2026 pour les 100% électrique), parce comme à l'époque des gilets jaunes, ben il faut trouver un moyen pour que l'argent continue de rentrer...
Résultat :
- les constructeurs ont dépensé des milliards dans le 100% électrique et en amendes
- les prix des voitures (électriques et thermiques) se sont envolés
- de moins en moins de gens ont les moyens d'acheter une voiture neuve ou une occasion plus récentes, 100% électrique ou pas.
Ce qu'il fallait faire :
- continuer de favoriser le renouvellement du parc, surtout pour les plus modestes (achetée en 2006 mon Opel Astra 2.0 T 170 ch rejetait 220g de CO2 par km, achetée en 2021 mon Audi A5 2.0 T 204 ch Quattro rejetait 157 g de CO2, soit presque 30% de moins pour une voiture plus lourde et plus puissante avec "seulement" 15 ans d'écart)
- favoriser et développer l'hybride sous toutes ses formes
- laisser le 100% électrique se développer tranquillement, mais en privilégiant surtout les véhicules urbains
- mettre des parkings en nombre et gratuits autour des grandes villes bien équipées en transports en commun
La voiture parfaite, c'est une voiture 100% électrique en ville et qui peut rouler en cas de besoin sur des longues distances en polluant le moins possible.
Simplement parce que fabriquer des voitures pollue et qu'il faut aussi éviter que les gens (ceux qui ont les moyens) aient plusieurs voitures pour couvrir tous les cas d'usages.
La technologie idéale a été commercialisée en 2010 : le prolongateur d'autonomie sur la Chevrolet Volt et l'Opel Ampera.
Mais à l'époque cela a fait un flop, ce n'était pas encore "In" de rouler en électrique et on produisait du diesel à gogo
Les chinois nous ressortent la technologie aujourd'hui pour finir de tuer l'industrie automobile européenne pour de bon.
En conclusion de ce long monologue qui enfonce pas mal de portes ouvertes, le discours du patron de BMW est juste le bon sens incarné. Il faut que les politiques arrêtent avec les pensées auto-réalisatrices (les gens n'achètent pas assez de voitures électriques simplement parce qu'ils n'ont pas les moyens ou parce que ce n'est pas adapté pour eux voire les deux en même temps...) et qu'ils laissent les industriels travailler dans des rythmes raisonnables.
Les politiques sur ce sujet ont clairement démontré leur niveau d'incompétence en matière industrielle et économique.
Après on a aussi un peu les politiques qu'on mérite... (mais ça c'est un autre sujet

)